Je suis partie à l'aube du lendemain, ma vie n'était plus tracée.

La route était sinueuse et rude telle  les drailles du plateau

qui jalonnent les champs et parquent les troupeaux.

Personne, pas une parole, juste le vent et parfois un

geai qui ricanait en lisière de forêt. Les vaches alanguies

n'ont même pas relevé la tête à mon passage et 

ma foulée alerte et cadencée s'est estompée

au crépuscule du jour, disparue soudain ainsi que

l'arc-en-ciel, qui se dilue dans la rosée du matin.

J'ai marché sans réfléchir et j'ai perdu le chemin ;

sans but et sans heure j'ai navigué quelques heures

dans le dédale des sentiers inhospitaliers et hautains.

A l'arrivée de la lune, je me suis retournée, je n'avais

pas bougé, la pluie la lucarne m'avait réveillée.

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